

Présentation destinée à la nécropole de TOBROUK à l'occasion du 60ème anniversaire de la bataille de Bir-Hakeim
| Le symbole d'une France renaissante | Le Plan ROMMEL | ||||

BIR HAKEIM(26 mai-11juin 1942) Le symbole d'une France renaissante
Au printemps 1942, le monde apprend qu'à Bir Hakeim, quelque part en Cyrénaïque, aux confins du désert de Libye, des soldats de la France Libre, commandés par le Général Koenig et engagés au sein de la 8ème Armée Britannique, étaient en train de se distinguer en tenant en échec pendant quinze jours les forces Italiennes et Allemandes de l’Axe. Deux ans après la malheureuse campagne de France de 1940, où le prestige de l'armée française avait été durement éprouvé, c’est la première fois que des forces allemandes et françaises s’affrontent directement sur le terrain. La personnalité de Rommel, qui conduit les forces ennemies, rehausse le résultat de la confrontation. Nous tenons de la plume même de Rommel le récit des furieux combats qu'il dut diriger en personne face à la résistance des Français à Bir Hakeim. Bir Hakeim a un retentissement considérable dans la communauté française, au sein de la France libre, de la France d’Outre-mer, sur le territoire national, malgré la tendance des organes officiels à éluder ce sujet délicat, et bien au-delà…. « Le monde a reconnu la France, quand, à Bir Hakeim, un rayon de sa gloire renaissante est venu caresser le front sanglant de ses soldats » télégraphie le Général de Gaulle le 18 juin 1942 au Général Koenig. Bir Hakeim a aussi une importance significative pour les Alliés. La résistance de la 1ère BFL a permis à la 8ème Armée de préserver son potentiel, d’user l’adversaire, de gagner les délais nécessaires à l'acheminement de renforts, et, malgré la rétrocession de Tobrouk aux forces de l'Axe fin juin, de donner quelques semaines plus tard à El Alamein un coup de frein décisif à la poussée victorieuse de l'Afrika Korps.
Le site de Bir Hakeim ne présente aucun intérêt stratégique : ni carrefour, ni point de passage obligé, ni ouvrage significatif à défendre. Quelques ruines d’un fortin ottoman, remanié par la garnison italienne, marquent l’endroit au milieu d’un site plat, désertique et lugubre, dépourvu de la moindre végétation et battu par les vents de sable. Les débris de vieilles citernes ensablées, baptisés Les Mamelles, rappellent à l’arrivant que l’eau vient de Tobrouk et que le « bir » est à sec depuis longtemps…
Ordre général n°1 du Général de Brigade KOENIGen date du 15 juin 1942
Officiers, Sous-officiers, Hommes de troupe de la 1ère Brigade des Forces Françaises Libres : Vous aviez reçu la mission de tenir sans faiblir la position de Bir Hakeim, bastion sud de la défense en Libye. En quinze jours de combats presque ininterrompus, vous avez décimé des forces importantes ennemies d’infanterie, détruit au canon 50 chars, 15 voitures blindées, de nombreux véhicules de tous modèles, abattu sept avions et capturé au cours de vos sorties 154 prisonniers italiens et 125 prisonniers allemands. Mis en rage par votre défense agressive qui déjouait ses plans, l’ennemi augmentait sans cesse les forces destinées à vous exterminer et, pendant les trois derniers jours, ses attaques menées avec des troupes fraîches se multipliaient, ses tirs d’artillerie augmentaient d’intensité, ses attaques aériennes prenaient une ampleur inaccoutumée : la dernière, menée le dix au soir, comprenait six vagues de vingt bombardiers lourds. Par trois fois, il m’avait sommé de rendre la place, pour éviter, paraît-il, notre destruction. Mais j’étais sûr de vous. J’ai répondu courtoisement mais fermement à la première sommation par un refus. Je n’ai même pas répondu aux deux autres, et il s’est couvert de ridicule. Car, lorsque notre mission a été terminée, le Général commandant la VIIIème Armée Britannique m'a donné l'ordre de rejoindre son armée. Dans la nuit du 10 au 11 juin, la Première Brigade s'est ruée, les armes à la main, sur les lignes d'investissement ennemies, les a percées après un combat furieux de quatre heures. Elle est rentrée avec 75% de ses effectifs, de son armement et de son matériel, 200 de ses blessés, laissant derrière elle, au moment du départ, ses positions intactes. Bir Hakeim est une victoire française. Je salue nos morts, nos frères d'armes tombés dans les combats et dont le souvenir très pieux nous soutiendra dans nos luttes prochaines. Le Général de Brigade Koenig Cdt la 1ère Brigade Française Libre.
The Symbol of French Renaissance. In the spring of 1942, the world learned that a major battle took place somewhere in Cyrenaica, where, for fifteen days, Free French Forces under General Koenig’s command as part of the British 8th Army held the German and Italian Axis Forces. This was the first time that German and French forces had opposed each other since 1940. The Commander of enemy forces, Colonel General Rommel, has written of the fury of the fighting at Bir Hakeim that forced him to direct operations personally. The repercussions among the French community both overseas and at home, despite the silence of official organisations, were considerable. On the 18th June 1942, General de Gaulle signalled General Koenig “The world has recognised the rebirth of French glory on the bloody faces of its soldiers at Bir Hakeim”. Bir Hakeim was a battle of significant importance to the Allies. The 1BFL action had protected the Allied southern flank thereby allowing the 8th Army to remain intact and, several weeks later, defeat the Afrika Korps at El Alamein.
Brigadier General KOENIG’s general Order n° 1 dated 15th June 1942 Officers, Non-Commissioned Officers and Soldiers of the 1BFL : Your orders were to hold the Bir Hakeim southern defence bastion in strength. In fifteen days of continuous fighting, by destroying 50 tanks, 15 armoured cars, numerous vehicles of all kinds, shooting down 7 aircraft and, in the course of your sorties, taking 154 Italian and 125 German prisoners, you decimated far larger enemy infantry forces. Strung by your aggressive defence that thwarted its plans, the enemy reinforced his forces without cessation and, in the last 3 days, deployed fresh troops in order to destroy you by the intensity of his artillery and weight of his aerial bombardments; the final attack, on the evening of the 10th, comprised six waves of 20 heavy bombers. Three times I was summoned to surrender to avoid your destruction. But I had confidence in you. I politely but firmly refused the first summons but did not deign to reply to the other two and made him look ridiculous. Our mission ended when the General Officer Commanding the 8th Army ordered me to rejoin his Army. On the night of the 10th and 11th June, with weapons in your hands, the 1st Brigade cut successfully through the besiegers’ lines during a furious four hours action. The 1st Brigade returned with 75% of its men, weapons and equipment, leaving 200 wounded men behind and its positions intact. Bir Hakeim was a French Victory. I salute our dead, our brothers in arms fallen in battle whose blessed memory will sustain us in our battles to come. Brigadier General Pierre KOENIG Commander of the 1st Brigade Française Libre
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La campagne Libye-Egypte des forces de l'Axe (1940-1943)
· Septembre 1940 : L'Italie, soucieuse du contrôle des approvisionnements pétroliers en Méditerranée par le canal de Suez, entre en Egypte, sous protectorat britannique. · Décembre 1940 : Les Anglais reprennent l’initiative et repoussent l’envahisseur sur 1200 km à travers la Cyrénaïque et convoitent la Tripolitaine, au moment où une menace très sérieuse pèse sur l’Empire italien d’Ethiopie. · Février 1941 : Pour éviter à l’Italie d’être expulsée d’Afrique du Nord, Hitler envoie Rommel avec le premier noyau de l’Afrika Korps. Au cours de l’année, Rommel reconquiert toute la Cyrénaïque, sauf Tobrouk, port que les Anglais tiennent avec Malte, plate-forme aéronavale qui menace les flux logistiques ennemis vers la Tripolitaine. · Printemps 1942 : Après des renforcements très significatifs en hommes et en matériels de part et d’autre, les adversaires se préparent à un affrontement majeur. Retranchée dans le triangle El Gazala-Bir Hakeim-Tobrouk, la 8ème Armée Britannique est attaquée le 26 mai. La résistance de la 1ère BFL à Bir Hakeim compromet le succès éclair escompté par Rommel, use ses forces et préserve le potentiel britannique. · Ete 1942 : Rommel prend Tobrouk le 21 juin, puis entre en Egypte. Il échoue aux portes d’Alexandrie, à El Alamein, devant les restes de la 8ème Armée, hâtivement étayée de quelques renforts. · Automne 1942 : Les Anglais reprennent l’offensive. C’est alors pendant 6 mois une longue suite de combats de retraite pour les forces de l’Axe, pour aboutir à la capitulation de Cap Bon, en Tunisie, le 12 mai 1943, point final de la guerre en Afrique. Le " mirage des pyramides" était un leurre…
Au printemps 1942, période où se déroulent les combats de Bir Hakeim, les forces germano-italiennes de l’Axe et la 8ème Armée britannique sont relativement équilibrées numériquement : de part et d’autre, environ 115 000 combattants, 1000 chars et engins blindés, 1000 avions de combat. Malgré une légère supériorité numérique côté britannique, la balance des potentiels aériens penche en faveur de Rommel
The Axis Campaign in LYBIA and EGYPT ( 1940-1943 ) September 1940. Italy desires to control the oil routes into the Mediterranean by the Suez Canal and enters Egypt, which is under British protection. December 1940 : England retakes initiative and drives the invader back 1200 km through Cyrenaica and covets Tripolitania and imposes a serious threat on the Italian Ethiopian Empire. February 1941 : In order to prevent Italy’s expulsion from North Africa, Hitler deploys Rommel with the first Afrika Korps. Within the year, Rommel has reconquered all Cyrenaica, less Tobruk and Malta, the air platform that would threaten the Axis logistic routes to Tripolitania. Spring 1942 : After significant reinforcements in men and material, both adversaries prepare for a major confrontation. Dug-in in the EL GAZALA-BIR HAKEIM-TOBROUK triangle, the British 8th Army is attacked on the 26th May. The 1st BFL resistance at BIR HAKEIM prevents Rommel success, attrites his forces and defends the British combat potential. Summer 1942 : Rommel captures Tobruk on the 21 June then enters EGYPT, fails to take Alexandria and halts in front of the remnants of the 8th Army hurriedly reinforced at El Alamein. Autumn 1942 : The British go on to the offensive. The following 6 months sees the Axis driven further back until, on the 12 May 1943, they capitulate at Cap Bon in Tunisia - the end of the war in Africa. The “dream of the pyramids” was just an illusion…
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| Ordre de Bataille de la 1ère BFL le 25 mai 1942
La 1ère Brigade Française Libre, c'est : - 3500 combattants sur la position de Bir-Hakeim, - 200 hommes des échelons arrières à Bir Bu Mafès à 25 km au Nord-Est de la position.
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Armement antichar : · 46 fusils antitanks, · 18 canons de 25 mm, · 7 canons de 47 mm, · 30 canons de 75 mm.
Artillerie : · 24 canons de 75 mm, soit 4 batteries de 6, (avec 20 000 coups sur le site le 15 mai)
D.C.A. : · 2 affûts quadruples de mitrailleuses de 13.2, · 18 canons de 40 mm Bofors, o 12 servis par les fusiliers marins, o 6 servis par le détachement britannique, · 96 fusils mitrailleurs.
Mortiers : · 20 mortiers de 81 mm, · 24 mortiers de 60 mm.
Armes légères : · 72 mitrailleuses Hotchkiss, · 270 fusils mitrailleurs, · 104 mitraillettes.
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Qui sont donc ces Français libres de la 1ère BFL ?
La 1ère BFL est constituée en Syrie à partir d'unités au passé glorieux :
Il s’agit en fait d’un premier « amalgame » significatif des FFL. C’est une troupe française, constituée d’individualités d’une diversité marquée, provenant de tous les horizons géographiques et sociaux, réunis par une même volonté de servir, certains aimant le baroud, la plupart se moquant bien de la politique, tous animés de l’amour de la Patrie et étroitement soudés les uns aux autres dans les terribles épreuves qu’ils vont affronter. Active et réserve se mêlent dans l’action : ainsi le Lt Simon, issu de St-Cyr, et le Lt de réserve Pierre Messmer, qui ont détourné un navire pour rejoindre la France combattante, ainsi le Cne de Sairigné, saint-cyrien, le Cne Gufflet, officier de réserve issu de l’ « X », le Lt d’active Bricogne, le Lt Bolifraud, juriste engagé dans l’action sociale, le Lt de Rauvelin préparant l’agrégation de philosophie. Certains sont réservés, froids dans l'action, calmes et rayonnants en toutes circonstances : tel est Amyot d’Inville, le chef des fusiliers marins, toujours tiré à quatre épingles ; tel est Beaudran de Lamaze, capitaine saint-cyrien, qui trouvera la mort à la tête de sa compagnie de Légion ; tel est encore ce prêtre soldat, le chef de bataillon Savey, jeune dominicain, qui trouvera le temps de célébrer la messe dans son trou sur la position ; tel Horace Mallet, un « agro », protestant celui-là, ancien colon du Cameroun, calme et tranquille sous le feu. Un autre aura marqué même son chef, qui en parle avec émotion : « Brave des braves, nous l’aimions infiniment… » dit le Gal Koenig en parlant du Lt Dewey, cheminot breton au parcours et aux opinions politiques très à gauche. C’est le grand mérite du Général Koenig d’avoir animé une troupe cohérente à partir de cet ensemble hétérogène.
Who are these Free French of the 1BFL ?
The 1st BFL was formed in Syria from the following units with a glorious history : - 13th Foreign Legion Half Brigade, which fought in Norway and Africa, - 1st Colonial Infantry Battalion that had been stationed in Syria before the War. - The Marine Fusiliers were survivors of Dunkirk, Brest and Cherbourg. - Native African infantrymen were gathered in the 2nd Colonial Infantry Battalion. - Colonial Pacific Battalion raised by Capitan Broche who rallied Tahiti to Free France. - 1st Colonial Artillery Regiment had native Madagascar artillerymen - There was also North African soldiers, Annamite nurses, ... This was the first significant fusion in the Free French Forces. Diverse characters from around the globe and from all social backgrounds with a common desire to serve came together and were united in the terrible tests to follow. Both active and reserve officers were to be found : Lt Simon, a graduate of St Cyr and Reserve Lt Messmer (future Prime Minister), who had hijacked a boat to get to the fight, Capt de Sairigné, another St Cyr graduate, Capt Gufflet from the famous Ecole Polytechnique, Lt Bolifraud, a lawyer and Lt de Rauvelin , a gifted philosophy scholar, were among the cast. Some were reserved and cool in action, calm and brilliant in any circumstances : Amyot d’Inville, Commanding Officer of the Marine Fusiliers, was always smart; Capt Beaudran de Lamaze, a St Cyr graduate, who was to be killed at the head of his Legionnaires; Commandant Savey, a priest and soldier, who found time to celebrate Mass in his foxhole; Horace Mallet, a protestant agronomist and a former settler in the Cameroon, who was always calm under fire; Lt Dewey, a left wing railway worker from Brittany, who greatly impressed his Brigade commander, General Koenig who said of him that he was “the bravest of the brave and we loved him dearly”. It is greatly to his credit that General Koenig brought coherence to this eclectic group of individuals.
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En trois mois, les Français
valorisent la position de Bir Hakeim La 1ère BFL relève la 150ème Brigade britannique sur la position de Bir Hakeim en février 1942, avec pour mission de constituer le verrou sud de la ligne de front d’Aïn el Gazala. Un remarquable travail d’organisation du terrain sera réalisé au cours des trois mois suivants, sous l’impulsion du Général de Larminat jusqu’au 20 avril, puis du Général Koenig, et suivant la conception et les plans du Commandant du Génie, le Capitaine Gravier : sur un polygone de 16 km² inscrit dans un carré de 4 km de côté, l’enfouissement des matériels et des positions de commandement et de combat est total, sans relief apparent de l’extérieur, la protection par des champs de mines est continue sur la périphérie, à l’exception de 3 passages, des marais de mines complètent la position dans la profondeur, notamment au nord sur 20 km dans la zone dite du "V", délimitant des axes de contre-attaque et des itinéraires de patrouille pour les Jock Colonnes. Par un tracé inspiré des défenses de Vauban, le Cne Gravier valorise un puissant point d’appui, dans un endroit improbable, où les furieux assauts de l’ennemi s’enliseront en causant de lourdes pertes.
Jock Colonne : concept britannique de groupement interarmes mi-blindé, mi-motorisé, avec appui d’artillerie, chargé des reconnaissances profondes et du harcèlement de l’adversaire, initié par le Colonel Jock Campbell.
130 000 mines antichars et 2000 mines antipersonnel furent posées autour de la position par les 500 sapeurs de Bir Hakeim : 1ère compagnie et détachement de parc, 2 compagnies de pionniers de la 13ème DBLE, Compagnie de 250 « Royal Engineers » détachés du 13e CA.
Three months to fortify the Bir Hakeim Defensive PositionIn February 1942, the 1BFL relieves the 150th British Brigade at Bir Hakeim with the mission to lock the southern end of the defensive Aïn el Gazala line. Remarkable defence works were created during the following three months, energetically directed by Generals Larminat and Koenig and conceived by the engineer Commander, Capt Gravier: in the 16 km² polygon of 4 km sides, equipment, command posts and combat positions are totally buried with mines providing a continuous peripheral protection, except for the three cross routes, as well as depth minefields, particularly the 20 km North into the “V” zone, and the rehearsals of counterattack and Jock Column patrol axes. In this unlikely place, Cpt Gravier creates a powerful strongpoint based on Vauban that will bring about significant enemy losses. Jock Column : A strong, fighting patrol of half-armoured, half-motorised all arms group supported by artillery whose tasks were to reconnoitre in force and in depth to harass the enemy. Named after Colonel Jock Campbell, British Army, whose conception it was. 130 000 antitank and 2000 antipersonnel mines were buried in the vicinity of Bir Hakeim by 500 sappers, including 250 Royal Engineers detached from the 13e Army Corps.
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Face à la 8ème Armée, installée sur un front nord-sud entre Aïn el Gazala et Bir Hakeim, et dans la profondeur du triangle Gazala-Bir Hakeim-Tobrouk, l’idée de manœuvre de Rommel consiste : · à simuler un effort principal sur la moitié Nord du front, à hauteur d’Alem Hamsa, · à profiter de la diversion pour engager le gros de ses forces blindées et mécanisées dans un large contournement par le Sud, de façon à mener un raid éclair Sud-Nord sur la direction El Adem-Tobrouk, · à confier la mission à la division italienne Ariete de s’emparer dans la foulée de la position de Bir Hakeim le 27 mai matin, · puis à traverser le dispositif britannique en son centre sur la direction Segnali Nord-El Adem, effort confié à la division Trieste, de façon à acheminer directement la logistique de l’action principale. Ce plan est mis en œuvre le 26 mai au soir, et la situation le 27 soir, après 24 heures de combat, représentée sur le schéma ci-dessus, traduit clairement cette vision tactique, conforme à la personnalité de Rommel.
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Rommel’s PlanFacing the 8th Army along the North-South line between Aïn el Gazala and Bir Hakeim and in the depth of the triangle Gazala-Bir Hakeim-Tobrouk, Rommel’s concept of operation was as follows: - To simulate a main effort in the North astride Alem Hamsa, - To take advantage of this diversion to engage the main body of his forces in an armoured and mechanized flanking manoeuvre to launch an attack South-North along an axis El Adem - Tobruk, - To seize Bir Hakeim, using the “Ariete” Italian Division, on the morning of 27 May; then - To cut through the centre of the British deployment on the axis North Segnali-El Adem, with the “Trieste” division leading, in order to manage his own logistics. This plan was implemented on the evening of the 26th May. The situation after 24 hours of combat, shown on the sketch map below, clearly indicates the commander's tactical concept and is in keeping with Rommel’s character.
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La Bataille, du 26 au 31 mai
La 1ère BFL tient en échec un assaut blindé de la division Ariete qui devait enlever la position dans la foulée…
27 mai : toute la nuit le contournement de la position par le sud s’est manifesté par des bruits de moteurs. A 8h, la division Ariete attaque la position par l’Est par un assaut de 70 chars M13 italiens équipés de canons de 75. Au terme d’un combat furieux qui se termine au corps à corps, puisque 6 chars ennemis réussissent à s’introduire sur la position, l’ennemi se retire, laissant derrière lui 32 carcasses fumantes, détruites au 75 et même au 40 Bofors des marins… Parmi 91 prisonniers, se trouve le Colonel Prestisimone, blessé, qui conduisait l’assaut. Le moral est élevé. 28 mai : la position est encerclée sur trois côtés, mais des incursions sont conduites dans les couloirs réservés, permettant plusieurs coups de main fructueux. 29 mai : situation identique. La légion détruit 5 chars sur un ensemble de 17 dans un combat de rencontre au cours d’une Jock Colonne. 600 soldats indiens, libérés par les Allemands qui ne souhaitent pas les entretenir, se présentent à la chicane Sud-Ouest. 30 mai : l’ennemi prend ses distances avec Bir Hakeim où il laisse 43 chars calcinés, 8 automitrailleuses et 180 prisonniers. Le bilan des pertes côté français est insignifiant : 3 blessés légers. 31 mai : Rommel remanie son dispositif, et semble se concentrer à l’Ouest de la ligne de front. On apprend que la percée au centre de la division Trieste n’a pas débouché malgré son succès initial. La division de la Garde tient ferme le point clé de Knightsbridge. La 1ère BFL continue ses patrouilles extérieures. Un convoi de ravitaillement réussit à passer, amenant vivres, eau et munitions. Il repart dans la nuit avec blessés et prisonniers.
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The 1st BFL halts an armoured assault by the Ariete Divisionthat was supposed to have taken the position without stopping…
27 May. Throughout the night vehicle noises could be heard by-passing the position to the South. At 0800 hours, the Ariete Division attacks from the East with 70 M13 Italian tanks equipped with 75mm guns. After a fierce battle during which 6 enemy tanks broke into the defence cordon and ended in hand to hand combat, the Italians were forced to withdraw le aving behind 32 burning vehicles that had been destroyed by the 75 mm guns and even the 40 Bofors of the Marine Fusiliers. Also, Colonello Prestisimone, who led the assault, is wounded and taken prisoner along with 91 others. 28 May. The position is surrounded on 3 sides but French sorties are made into the cleared channels with success. 29 May. No change to the situation. During a Jock Column, the Foreign Legion destroys 5 out of 17 tanks. 600 Indian soldiers, who have been liberated by the Germans, appear at the SW road block. The Germans no longer want to hold them. 30 May. The enemy keeps its distance after losing 43 tanks, 8 armoured cars and 180 prisoners. The French losses are minimal: 3 light wounded. 31 May. Rommel changes the disposition of his forces and appears to concentrate to the West of the frontline. It is learned that, despite initial successes, the Trieste Division has not exploited its breakthrough of the British center and the Household Guards Division closes the line at Knightsbridge. The Brigade continues to patrol aggressively forward and a supply convoy arrives in the night with food, water and ammunition and leaves with the wounded and prisoners.
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La Bataille, du 1er au 6 juin
Rommel s'implique personnellement dans une action aéroterrestre d'envergure
1er juin : Intenses bombardements aériens. Les formations de Stukas se succèdent, larguant des bombes de 500 kg. La DCA riposte. Une pièce Bofors est détruite. Le Bataillon du Pacifique est envoyé à l’Ouest jusqu’à Rotunda Segnali, en vue de la reprise de l’offensive par la 8ème Armée. Dans la nuit, l’ordre de tenir la position de Bir Hakeim est confirmé. 2 juin : Intenses mouvements de blindés signalés au Nord et à l’Est de la position. A 10h30, des parlementaires italiens se présentent pour demander la reddition de la place ; ils sont poliment éconduits. A 12h00, commence un intense pilonnage d’artillerie et d’aviation qui devait durer jusqu’à la fin de la bataille. Le vent de sable se lève. 3 juin : le Bataillon du Pacifique rentre à l’aube. Son retour a été marqué par une attaque en plein désert de 12 Mes 110, dont deux ont été abattus par une pièce Bofors d’accompagnement, pour son baptême du feu. A 7h30, deux prisonniers anglais libérés se présentent, porteurs d’un ultimatum, écrit de la main de Rommel. Le Renard du désert est donc en personne devant Bir Hakeim ! La journée se poursuit en duels d’artillerie et attaques de Stukas. Vers 17h, des chasseurs britanniques (Kittyhawks) abattent 7 Stukas au cours d’un combat de rencontre au-dessus de Bir Hakeim. 4 juin : les pilonnages d’artillerie et d’aviation se poursuivent mais le moral reste bon sur la position : les pertes sont relativement minimes, et la DCA obtient des succès chaque jour plus nombreux. Les patrouilles sont de plus en plus difficiles, l’ennemi est omniprésent, occupé à déminer des passages. Des canons de 155 sont aperçus. 5 juin : un convoi de ravitaillement britannique a réussi à passer dans la nuit. A 4h, Rommel envoie un plénipotentiaire parlant anglais pour traiter de la reddition. Il ne lui est pas répondu. Intense duel d’artillerie, pas d’avions aujourd’hui. 6 juin : après une intense préparation d’artillerie, l’ennemi lance une attaque d’infanterie vers 13h. Jusqu’au début de la nuit, de nombreux assauts sont lancés, ils sont partout repoussés et nulle part l’ennemi ne réussit à prendre pied sur la position.
« … Rarement,
sur le champ de bataille d’Afrique, m’avait été livré un combat aussi dur. Les
Français s’étaient retranchés dans leurs postes de combat très habilement
disposés, dans leurs tranchées, leurs petits bastions et leurs nids de
mitrailleuses tous entourés d’une épaisse ceinture de mines. De telles positions
sont presque inaccessibles au feu de l’artillerie ou au bombardement aérien, car
seul un coup direct peut en avoir raison…. »
La Luftwaffe et l’aviation italienne ont effectué 1400 sorties sur Bir Hakeim, pendant la bataille, en larguant au moins 1000 tonnes de bombes sur la position. La DCA de la 1ère BFL a abattu 7 appareils ennemis au-dessus de la position, en tirant 47 200 coups avec ses 18 Bofors.
Ultimatum de Rommel
Aux troupes de Bir Hakeim : 3 juin 1942
Toute résistance ultérieure conduirait à une effusion de sang inutile.
Elle vous vaudrait le même sort que celui des deux brigades anglaises de Gott el
Oualeb qui ont été anéanties avant-hier.
Nous suspendrons le combat dès que vous hisserez le drapeau blanc et
viendrez à nous sans armes. Rommel Colonel Général
Alors que la 1ère BFL ne dispose que de 54 canons d’un calibre maximum de 75mm, Rommel a rassemblé 270 bouches à feu autour de Bir Hakeim, pendant la dernière phase de la bataille : - 4 mortiers de 210mm, - 8 pièces de 170mm, - 88 pièces de 152mm, - 20 pièces de 149 et 150mm, - 66 pièces de 100 et 105mm, - 20 pièces de 88mm, - 64 pièces de 75 et de 76,2 ce qui représente une formidable concentration d’artillerie appliquée à un polygone de 16 km2.
1 June. A day of heavy air bombardment. A succession of Stuka waves drops 500 kg bombs. Air-defence artillery returns fire. A Bofors gun is destroyed. The Colonial Pacific Battalion is deployed West to Rotunda Segnali in order to support the renewed 8th Army offensive. The Orders to hold Bir Hakeim are confirmed during the night. 2 June. Intense armoured movements are reported to the North and East of the position. At 1030 hours, an Italian truce party appears and asks for the surrender of the strongpoint. They are politely turned away. At 1200 hours, an intense artillery and air bombardment starts, which is to last until the end of the battle and sandstorms begin to blow. 3 June. The Colonial Pacific Battalion is back at dawn. The main event on its way back was an attack by 12 Mes110 in the middle of the desert. An accompanying Bofors gun engaged for the first time shot two of them down. At 0730 hours, two British prisoners deliver an ultimatum of surrender written by Rommel. The “Desert Fox” himself had come to supervise the action at Bir Hakeim. Artillery duels and Stukas attacks occupy the rest of the day. At 1700 hours, British Kittyhawk aircraft destroy 7 Stukas in an encounter battle above Bir Hakeim. 4 June. The artillery and air bombardments continue but morale is high. Losses are minimal and the air defense is more successful from day to day. Patrolling becomes more difficult with the enemy everywhere occupied with de-mining the approaches to Bir Hakeim. Some 155mm guns have been seen. 5 June. A British supply convoy succeeded in crossing the lines during the night. At 0400 hours, Rommel sends an English-speaking plenipotentiary to demand the surrender. He leaves without a response A lull in the air attacks but the artillery assault remains as intense as ever. 6 June. After heavy artillery preparation, the enemy launches the first of many infantry attacks at 1300 hours: they continue well into the night. They are all repelled and the enemy fail to gain a toehold on the position.
“Seldom in the African theatre was I faced with such a hard fight. The French were skillfully dug-in in their trenches, their bastions, their machine-gun nests all surrounded by dense minefields. Such positions were almost inaccessible to anything but the direct hit of artillery fire or air bombardment….” Rommel
ROMMEL’s ultimatum
To the Troops at Bir Hakeim. Further resistance will only lead to unnecessary loss of life. You will suffer the same fate as the two British Brigades at Got el Oualeb who were exterminated the day before yesterday. We will cease fighting as soon as you raise the white flag and come to us unarmed. ROMMEL, General Oberst
The Luftwaffe and Italian Air Force conducted 1400 sorties over Bir Hakeim during the battle and dropped a total of 1000 tons. While 1stBFL had only 54 guns (75 mm), Rommel assembled 270 artillery pieces from 75-mm to 210-mm around Bir Hakeim, a formidable capability of applied fire on a 16-km² area.
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La Bataille, du 7 au 11 juin
« …Se frayer un chemin parmi les morts et les vivants, amis et ennemis entremêlés, ne pas sauter sur les mines, se battre au corps à corps pour forcer le passage, le tout sous une pluie de mitraille, arrosé aux lance-flammes, dont les lueurs rougeoyantes trouant l’obscurité ajoutaient au spectacle quelque chose de diabolique… ». « …Je ne parlerai pas des cris inhumains accompagnant cette sortie démentielle ; couleurs et bruits forment dans mon souvenir un tout étroitement lié qui m’amène au bout de longues heures, harassé, mort de soif et de fatigue, ivre de bruit, de l’odeur du sang, couvert de poux, le visage mangé de crasse et de barbe, hors de ce charnier, sans savoir où m’avait conduit cette marche aveugle et rampante… ». Témoignage du Légionnaire Alberto RACHEF, de la Compagnie MESSMER, à propos de la sortie de vive force :
A partir du 6 juin, Rommel assiège Bir Hakeim avec plus de 30000 combattants, 270 pièces d’artillerie de 75 à 210mm et 350 chars (90° Légère, Ariete, Pavia, partie de la 15° Pz…). On se bat à 1 contre 10…. 7 juin : Dimanche. Quelques tirs d’artillerie, retour des Stukas. Les concentrations ennemies se poursuivent. L’investissement est complet. Les patrouilles sont devenues impossibles. 8 juin : un convoi est passé dans la nuit. A 7h30, commence une intense préparation d’artillerie, ponctuée de bombardements aériens massifs. Les assauts d’infanterie se succèdent à partir de 10h30. Les assaillants s’emparent de l’observatoire d’artillerie au Nord Ouest de la position retranchée. 9 juin : le même scénario se poursuit. La position n’est pas investie par les forces ennemies, malgré les nombreux assauts. Les forces de résistance commencent à s’épuiser. 10 juin : il a été décidé d’évacuer la position la nuit suivante, car il n’est pas question de se rendre ! La résistance de Bir Hakeim exaspère l’ennemi. Un assaut furieux, vers 12h, est repoussé grâce à l’intervention des chasseurs de la RAF. A 13h, 100 Stukas, en une seule vague, viennent larguer 100 tonnes de bombes…
A la limite de ses capacités de résistance, la 1ère BFL effectue une sortie de vive force dans la nuit du 10 au 11 juin nuit du 10 au 11 juin : Préparée dans une grande discrétion par nuit noire, la sortie a finalement lieu vers minuit par la porte Sud. L’ennemi éclaire le champ de bataille. Il faut payer chèrement le passage.Pendant plusieurs heures, la mêlée est intense, propice aux initiatives, aux actes de bravoure, au milieu des champs de mines qu’il faut traverser et des trois lignes successives de positions allemandes où on passe au corps à corps. Puis il faut prendre l'azimut 213 pour rejoindre la balise 837 à 12 km, où est prévu le recueil par les camions et les ambulances britanniques. Finalement il fallut plusieurs heures pour réaliser une opération qui représente 70% des pertes de la 1ère BFL au cours de la bataille de Bir Hakeim.
From the 6th June, Bir Hakeim was surrounded by more than 30000 men, 350 tanks and 270 artillery field guns (75 to 210 mm) of the 90th Light, Ariete, Pavia and 15th Pz Divisions. The combat ratio was 10:1.
7 June. Sunday. Several artillery bombardments and the return of the Stukas. The enemy continues to concentrate and, finally, surrounds the position. Patrols can no longer be mounted. 8 June. A convoy is able to cross the enemy lines during the night. AT 0730 hours heavy ground artillery and aerial bombardments prepare the position for the enemy infantry assaults, which begin at 1030 hours. The enemy captures the French artillery observation post to the North-West of the trenches. 9 June. Enemy action continues. Resistance begins to falter in the face of repeated enemy assaults yet the position remains firm. 10 June. The decision to evacuate the position that night is taken as there is no question of surrender. The resistance of Bir Hakeim has confounded the enemy. A fierce assault, around 1200 hours, is repulsed thanks to RAF Fighter Ground support. At 1300 hours, a single wave of 100 Stukas drop 500 tons of bombs.
At the end of its capability to resist, the 1st BFL breaks out in force during the night of 10 to 11 June. Night of 10 to 11 June. In the darkness, the need for discretion saw the breakout begin finally around midnight. The enemy illuminates the battlefield which causes heavy casualties. The situation called for intense bravery, individual initiative and hand-to-hand fighting to break-trough the 3 successive German lines before the Free French Forces were able to orientate themselves along 213° and successfully reach the secure RV – Point 837 – 12 km away. Here, the British lorries and ambulances met them. These few hours of fierce combat accounted for 70% of all 1 BFL losses during the Bir Hakeim battle.
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Après la bataille…
Bilan de la bataille : - environ 450 tués et disparus, - près de 500 blessés et prisonniers. Alors que la résistance jusqu'au 10 juin avait mis seulement 5% des effectifs hors de combat (moins de 100 tués et 110 blessés), la sortie de vive force porte ces pertes à 25% de la 1ère BFL. Les pertes infligées à l’ennemi par la 1ère BFL s’élèvent à : - 51 chars, - 13 automitrailleuses, - 7 avions, - un nombre très important de combattants, bien qu’aucun chiffre officiel n’ait été publié : un millier d’Allemands et d’Italiens mis hors de combat constitue sans doute un minimum.
…au plan tactique : Des prisonniers allemands interrogés le 11 juin : « Des ordres formels nous ont été donnés avant l’assaut du 10 juin : les Français de Bir Hakeim doivent être anéantis jusqu’au dernier, nous a-t-on dit…».
Rommel, dans « La guerre sans haine » : « … Les Français menaçaient nos lignes de communication à partir de Bir Hakeim par de continuels coups de main. Il fallait y mettre fin…. …L’ouvrage fut soumis à de très sévères bombardements d’artillerie et d’aviation, et l’infanterie repartit à l’assaut, sans pouvoir percer… C’était un admirable exploit de la part des défenseurs, qui se trouvaient totalement isolés…».
…au plan stratégique… Sir Winston Churchill, à la Chambre des Communes, le 12 juillet : « Les Forces Françaises Libres ont résisté avec la plus grande bravoure à Bir Hakeim. En arrêtant pendant quinze jours l’avance allemande, elles permirent de gagner du temps, le temps d’amener des troupes de Palestine et de couvrir l’Egypte…».
Maréchal Kesserling : « Les avions utilisés à Bir Hakeim ont durement manqué à Stalingrad…».
…au plan politique : Général de Gaulle, à la BBC le 11 juin : « La nation a tressailli de fierté en apprenant ce qu’ont fait ses soldats à Bir Hakeim. Braves et purs enfants de France qui viennent d’écrire avec leur sang une des plus belles pages de gloire !…». Général Sir AF Brooke, chef d’état-major impérial : « De tels exploits prolongent les plus nobles traditions de la France et ne manqueront pas de faire vibrer les cœurs de tous vos compatriotes, bien plus, de tous les peuples libres…». Bir Hakeim : le symbole d’une France renaissante. Bir Hakeim a eu un rayonnement considérable dès 1942 et ce nom prestigieux est constamment associé aux plus hautes valeurs de la France combattante : - Groupes de résistants, maquis du Languedoc, journaux clandestins,…choisissent le nom de Bir Hakeim, - Sept emblèmes de régiments portent brodé dans leurs plis le nom de Bir Hakeim, parmi lesquels ceux de la 13ème DBLE, du 1er RAMa, du 1er RIMa, du 13ème Régiment du génie et ceux des RIMaP/P à Tahiti et RIMaP/NC à Nouméa, - Paris rebaptise le Pont de Grenelle et la station de métro Quai de Grenelle, qui prennent le nom de Bir Hakeim. - En juillet 1962 la promotion de Saint-Cyr est baptisée Bir Hakeim, alors que le Général Simon commande l’Ecole et que Pierre Messmer est Ministre des Armées…, tous deux anciens de Bir Hakeim. - Deux autres promotions de Saint-Cyr portent le nom d’officiers ayant servi à Bir Hakeim : Amilakvari (1955) et Brunet de Sairigné (1968).
Général Koenig, dans « Bir Hakeim » : «…Après la bataille, je fus amené à étudier le comportement du Général Rommel. Je ne comprenais pas qu’il se soit acharné contre nous avec un entêtement aussi hargneux…. Finalement, pour avoir voulu remporter un succès tactique contre nous, Rommel perdit, pendant les journées dramatiques du 7 au 10 juin, sa chance réelle d’obtenir une victoire définitive de grande envergure…».
« Renard du désert » contre « Vieux lapin ».
Le vainqueur : le « Lion de Bir Hakeim ». La sortie de vive force a évité aux Français de tomber entre les mains de Rommel, et permettra à la 1ère BFL de poursuivre la lutte, après recomplètement en hommes et en matériels de combat, dont la plus grande partie a été abandonnée sur place.
The toll of the battle
- around 450 killed or missing,- close to 500 wounded and taken prisoners.- Whilst the resistance up to the 10th June accounts for only 5% of all casualties (less than 100 killed and 110 wounded), the dramatic escape increased the total manpower losses to 25% of 1st BFL strength. The Breakout prevented the French from becoming prisoners-of-war and, after rehabilitation in men and equipment, for most of it was left on the position, 1BFL was able to continue to fight. The German and Italian losses inflicted by 1BFL were : - 51 tanks - 13 armoured vehicles - 7 aircraft - though no figures were officially published, it is thought that, as a minimum, 1000 Germans and Italians were put out of action.
After the battle they said…
…About the strategy Sir Winston Churchill, à la Chambre des Communes, le 12 juillet : “The Free French Forces have fought with the utmost bravery at Bir Hakeim. For 15 days, they stopped the German offensive allowing us time to bring forces from Palestine and save Egypt…”
Maréchal Kesserling : “The planes used at Bir Hakeim were sorely missed at Stalingrad… ”
… About the policy
Général de Gaulle, à la BBC le 11 juin : “The French nation quivered with pride on hearing of their soldiers’ feats at Bir Hakeim. These brave and honourable children of France who have written one of the most famous pages of glory with their blood.” Général Sir AF Brooke, chef d’état-major impérial : “Such feats follow the most noble traditions for France and will make your countrymen’s hearts, and those of the Free Nations, pound with pride…” … About the tactics Des prisonniers allemands interrogés le 11 juin “We had been given the following express orders before the 10th June assault : the French Forces at Bir Hakeim must be destroyed to the last man….” In his book ‘War without hatred’ Rommel wrote: “The French forces threatened our lines of communication with constant raid from Bir Hakeim..We had to put an end to them… Their position was heavily shelled and bombed and our infantry made repeated assaults without ever being able to break them…. It was a remarkable exploit from the defenders who found themselves completely isolated…” General Koenig wrote in his book ‘Bir Hakeim’ “…After the battle, I came to think about Rommel’s attitude. I could not understand why he fought so doggedly because his desire for a tactical success during those dramatic days, the 7th to 10th June, lost him the real chance of a definitive victory on a large scale…”
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157 autres Compagnons de la Libération
ont participé aux combats de Bir Hakeim
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Ils dorment dans le silence. Dans le silence du désert. C'est plus que le silence ordinaire d'un cimetière. C'est un silence cosmique. Cette solitude du désert, affranchie de tout l'instable de la vie, comme disait Pierre Loti.
C'est bien la tombe qu'il leur fallait. Aux morts épiques, il faut des tombes que seul visite, au coucher du soleil, le vent froid du bled. Ce vent a passé sur leur bataille, il a transporté l'odeur de leur poudre, il les a aveuglés de son sable, il a vibré de l'écho des explosions. Lui seul sait. Il est le témoin tellurique de ce combat qui n'a ressemblé à aucun autre.
Car ceux de Bir Hakeim avaient tout sacrifié. Ils avaient fait à la Patrie un don total. Ils étaient des séparés, au point que certains de leurs compatriotes ne les reconnaissaient plus. Ils avaient continué à croire à la Patrie, quand celle-ci semblait ne plus croire en eux. Le désert moral était plus rude pour eux que le désert physique.
Un petit cimetière de village, un petit cimetière de banlieue n'était pas leur affaire. Ils sont bien les fils de la terre, et c'est pourquoi ils dorment à même le sol, sans linceul et sans cercueil.
O vent du désert, soulève un peu de cette poussière qui colle à leurs os et va la porter au-delà de la mer bleue, au-delà des monts et des vallées, afin que tous les grands soldats de France la voient, cette poussière.
O morts de Bir Hakeim, vous reposez seuls au milieu de vos trophées et des instruments de votre martyre, au milieu des restes de la mitraille et des chars ennemis que vous avez arrêtés. Vous restez dans la bataille…car la bataille continue…
La grande stèle dresse la Croix de Lorraine sur ces arpents de terre nue, et quand son ombre s’allonge, au déclin du soleil, le vent du soir, courant sur les asphodèles et susurrant dans les barbelés, souffle à l’oreille du pèlerin qui s’attarde :
Passant, va-t’en dire à Lutèceque deux cents braves sont morts icipour que vive la France d’après le Révérend Père Charles Alby
To the dead at Bir Hakeim
They sleep in silence, The silence of the desert. Not the silence of an ordinary cemetery. It is an all-consuming silence. This desert solitude that releases the instability of life, As described by Pierre Loti. It is a good tomb for them, Graves of epic dead that are visited once, lie under the sun, Under the chill wind of this godforsaken place. This wind that blew through their battle, carrying the smell of their powder, Blinding them with sand and vibrating to the sound of their explosions. Only IT knows. Of a battle unlike any other, IT is the only earthly witness. Because those at Bir Hakeim had given their all, A sacrifice for their country, They were men apart to the point where certain compatriots no longer recognised them Their belief they carried beyond that no longer held by their country. To them the moral desert was more harsh than the physical desert. A small village cemetery, a small suburban cemetery was not for them. They are good sons of the soil And it is to the soil that they have returned with neither shroud nor coffin. O wind of the desert, Blow a little of the sand that sticks to their bones And carry it over the sea, over the mountains and the valleys, So that the great soldiers of France can see it, This powder. O dead of Bir Hakeim, You lie alone amongst the trophies and instruments of your martyrdom, Amongst the remains of the enemy machine-guns and tanks that you stopped. You remain part of the battle for the fight goes on. The great Cross of Lorraine stands as a monument over these empty acres, And, when the shadows lengthen at the going down of the sun, The evening wind runs through the flowers and whistles through the barbed wire, And whispers in the ears of the pilgrims who linger: Passer-by, go and tell them in Lutecia That two hundred brave men lie dead here so that France may live.
d’après le Révérend Père Charles Alby
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Exposition préparée par le Général Alain Magon de La Villehuchet pour la Promotion BIR HAKEIM de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr (1961-1963) REMERCIEMENTS - Reproductions photographiques avec la gracieuse autorisation de :- ECPAD, Paris, Fort d'Ivry- Musée de la Libération, Paris - Musée de l’Armée, Paris - Musée des Troupes de Marine, Fréjus - CMIDOME, Versailles - Photograph courtesy of the Imperial War Museum, London English translation by Lt Col LERWILL, Light Infantry, British Army. _______________
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