GROUPE DE LIAISON G2S                                                                                    

BP 23- 00445 ARMEES                                                                                                        Juin 2004 n° 47

(: 01.44.42.51.50

@ g2s@emat-cab.terre.defense.gouv.fr

 

 

G2S 47               

 

Lette d'information

 

Sommaire

Pas d'armée sans force morale

Ecole militaire de spécialisation Outre-mer et Etranger

Le service historique de l'armée de terre

Mesures d'ordre individuel

Documentation disponible

 

 

 

La célébration des grands moments de notre histoire permet d’en pérenniser le souvenir. Cette année, les cérémonies commémoratives revêtent une solennité particulière à la hauteur des sacrifices consentis et honorent plus particulièrement la mémoire de nos soldats tombés, en 1914, sur la Marne, pour la défense du territoire national ; en 1944, sur les côtes normandes et provençales, pour la libération de la France ; en 1954, à Diên Biên Phu, pour le service du Pays et l’accomplissement de leur devoir.

Ces commémorations sont aussi l’occasion de rendre hommage aux survivants et de les écouter. Leurs témoignages recueillis au fil des ans, analysés et recoupés, permettent aux historiens militaires de compléter et de corroborer les archives officielles (ordres d’opérations, journaux de marche et opérations….), souvent classifiées et de faciliter ainsi la compréhension des situations et des évènements du passé afin de tirer d’indispensables enseignements pour la conduite des opérations futures. C’est en cela que l’histoire, grande et moins grande, désormais complétée par le retour d’expérience (Retex), constitue une aide au commandement indispensable à l’élaboration d’une doctrine militaire qui ne saurait être figée.

En effet, celle-ci doit prendre en compte, tout à la fois, une menace changeante, des technologies et des réflexions novatrices et, bien sûr, la politique de défense de notre pays qui, elle aussi, se transforme avec le temps. S’il fallait s’en convaincre, il suffirait d’observer, tout bonnement, la modification de l’intitulé de notre ministère de tutelle. Alors qu’il était de «la guerre» à la fin du second conflit mondial, il s’est transformé progressivement en « de la défense » à partir de 1946(1). La première appellation suppose l’existence d’un outil militaire dont la vocation est de défaire un ennemi clairement désigné. La seconde suggère plutôt des forces armées dont la finalité est d’empêcher une agression et le cas échéant de défaire l’agresseur ; elle correspond parfaitement à la stratégie de dissuasion en vigueur depuis la guerre froide. Aujourd’hui cependant, une certaine inflexion semble se dessiner avec l’entrée en scène de la notion de sécurité qui est associée, de plus en plus souvent, à celle de défense. Ne parle-t-on pas de l’Europe de la sécurité et de la défense ? Pour autant, nombre d’experts estiment que non seulement la légitimité du «tout sécurité» reste encore à construire mais aussi qu’au vu de la situation internationale, la guerre et la défense ne sont pas encore appelées à disparaître.

C’est la raison pour laquelle en dépit (mais aussi peut-être à cause) des attentats du 11 septembre et de ceux qui ont eu lieu depuis lors, il ne semble pas pertinent, comme certains le suggèrent, de repenser le Livre Blanc de 1994. Les quatre grandes fonctions militaires stratégiques : dissuasion, projection, protection et prévention qui y sont développées sont toujours d’actualité et bien d’actualité. Tout au plus c’est le centre de gravité de l’ensemble qui pourrait être légèrement déplacé afin de prendre en compte les évènements de ces dernières années.

 

(1) 1947 : Ministère de la guerre puis Ministère de la défense nationale ; 1948 à 1956 : Ministère de la défense nationale ; 1957 à 1968 :  Ministère des Armées ; à partir de 1968 : Ministère de la défense.

 

 

 

PAS D’ARMéE SANS FORCE MORALE

 

 En septembre 2002, le général THORETTE succède au général CRENE à la tête d’une armée de terre qui achève 6 années de «refondation». Profondément réorganisée sur la base de principes nouveaux[1] et complètement professionnalisée, celle-ci doit cependant entamer une phase de consolidation afin de devenir un outil parfaitement robuste et fiable. Plusieurs facteurs[2], en effet, fragilisent l’édifice achevé au prix d’efforts considérables.

 

Au nombre de ces facteurs, la vulnérabilité de la communauté humaine que constitue l’armée de terre apparaît comme devant faire l’objet d’une attention prioritaire. Cette vulnérabilité est principalement d’ordre psychologique et moral. Le diagnostic qui en est fait permet d’identifier plusieurs de ses causes qui appelleront autant de remèdes à administrer :

 

- L’armée de terre a dû, dans des délais très courts, constituer une ressource humaine professionnelle considérable. Pour réaliser ce véritable tour de force et attirer chaque année plus de 18 000 jeunes hommes et femmes, il a été décidé de développer l’image d’un recruteur offrant de très nombreuses opportunités d’emploi ; image séduisante, certes, mais qui gommait la réalité d’une spécificité militaire dont on craignait qu’elle puisse être mal comprise et qu’elle ne décourage les vocations les moins assurées.

 

- Les évolutions psychologiques de la société se sont considérablement accélérées, l’acquis que constituent désormais les «35 heures» imprégnant profondément les mentalités et venant symboliquement caractériser de façon presque définitive les attentes d’une jeunesse qui, au-delà du droit au loisir, revendique l’absolu respect d’une sphère privée considérée comme lieu essentiel de l’épanouissement individuel. Ces évolutions ont dû être prises en compte afin d’éviter que ne se renforce, entre la société et l’armée de terre, un décalage qui, s’il est nécessaire, doit être mesuré avec précaution si l’on ne veut pas qu’il devienne contre-productif en termes de recrutement. Pour autant, leur intégration dans le rythme et le mode de vie militaires ne peut que fragiliser à nouveau les principes fondateurs d’une identité forte et originale, procédant pour l’essentiel des devoirs et contraintes qui découlent du service de la nation par les armes.

 

- S’ajoutant aux thèmes «métiers» des campagnes de recrutement et à la technicité croissante de l’activité guerrière, le principe même de professionnalisation a engendré, au sein de la communauté militaire, un malentendu et une évolution «techniciste» de la conception du service des armes. Considéré à tort comme «spécialiste militaire», le soldat pourrait ne valoir que pour sa compétence technique qu’il exercerait dans le cadre strict des horaires de service. L’ambition éducative qui sous-tendait toute vocation de chef militaire de l’armée de conscription et conduisait à considérer l’homme et le citoyen avant l’individu techniquement compétent pourrait, dès lors, céder le pas à l’obsession technicienne et à la mesure rigoureuse du rendement.

 

 

 Cette vision désastreuse banaliserait encore la vocation militaire. Elle risquerait surtout d’entraîner, en matière d’exercice du commandement, une véritable perte de savoir-faire et de savoir-être, les chefs de tous niveaux oubliant ou croyant pouvoir renoncer aux exigences qui s’imposaient aux chefs d’une armée de conscription et omettant de transmettre au plus grand nombre certains procédés particuliers qui doivent être mis en œuvre dans le commandement de soldats professionnels.

A ce diagnostic, s’ajoutent les conséquences du véritable maelström humain induit par la profonde réorganisation de l’armée de terre. Les dissolutions, transformations, créations d’unités mais aussi l’évolution[3] sensible de la composition des catégories de personnel au sein des corps, tout comme l’application excessive du principe de modularité et ses conséquences déstructurantes ont entraîné une perte des références liées à l’exemplarité et à la connaissance mutuelle.

 

Toutes ces analyses éclairent le constat d’une fragilité perceptible de la communauté d’hommes et de femmes qui compose l’armée de terre. Elles appellent, surtout, des actions correctrices rapides. Car la performance d’une armée dans l’engagement au combat est obtenue par les effets conjoints, d’une compétence certes, mais aussi et d’abord d’une volonté fondée sur l’ardeur et la force psychologique. Pour être ancienne, cette vérité n’en demeure pas moins essentielle. Peut-être même s’impose-t-elle plus encore à l’heure des conflits asymétriques qui voient l’écrasante supériorité matérielle et technologique des armées occidentales contournée par le recours à des modes d’action visant à atteindre la force morale des combattants bien plus que leurs capacités physiques.

Que vaudrait, dès lors, le surcroît de compétence technique garanti par la professionnalisation[4], s’il ne s’appuyait sur une force morale restaurée ?

 

La force morale de l’armée de terre, aujourd’hui comme hier, repose sur les trois piliers majeurs que sont la légitimité de l’action militaire, la fraternité d’armes et le sentiment d’identité. Premier de ces trois piliers, la légitimité de l’engagement au service de la nation par les armes a été réaffirmée à travers l’édition en janvier 1999 du texte sur les fondements et principes de l’exercice du métier des armes, véritable référence éthique sur laquelle se bâtit désormais l’armée de terre professionnelle. Reste donc à compléter cette entreprise en s’attachant à consolider l’identité collective spécifique de l’armée de terre et en rappelant avec force les exigences et principes d’un exercice du commandement qui, seul, peut engendrer la fraternité d’armes.

C’est pourquoi, lorsqu’en septembre 2003, un an après sa prise de fonction, le CEMAT officialise son projet «armée de terre 2008», il fonde le premier de ses objectifs[5] sur deux nouveaux textes de référence :

 

-         Esprit de corps, traditions et identité dans l’armée de Terre, (EMAT- septembre 2003), vise à ressourcer l’identité à la fois très diverse et spécifique de la communauté militaire. Il s’agit, en puisant dans son histoire les références et les valeurs qui permettent de comprendre et de faire évoluer traditions et cérémonial, de renforcer l’esprit de corps et d’accroître la cohésion de l’armée de Terre. Ce renforcement d’une identité spécifique caractérisée par les notions fortes d’esprit de sacrifice, de discipline, de disponibilité et de sens de l’intérêt collectif intervient fort opportunément au moment où se prépare la réécriture du statut général des militaires qui en constitue la contrepartie légitime.

 Il ne s’oppose en aucun cas à l’ouverture nécessaire de l’armée de terre à la société civile mais, au contraire, la dynamise en la fondant sur le rayonnement d’une identité riche et vivante.

 

-         L’exercice du commandement dans l’armée de terre, commandement et fraternité, (EMAT-septembre 2003), mise en œuvre de l’esprit que fixe le CEMAT, rappelle l’impératif d’un exercice du commandement respectueux de la dignité de l’homme, seul à même d’entraîner l’adhésion et de créer la fraternité d’armes indispensable au succès des armes de la France. Le document insiste sur les éléments constitutifs de cette fraternité[6] et sur les conditions qui doivent impérativement être réalisées pour l’atteindre : responsabilisation et valorisation des individus, satisfaction de servir, discipline librement consentie. Il décline ensuite les fondements individuels[7] de l’exercice du commandement et précise les procédés généraux qui doivent être respectés en insistant notamment sur l’accompagnement individualisé de la carrière des subordonnés qui prend particulièrement en compte l’exigence de jeunes engagés qui aspirent à se sentir partie prenante de la vie et du destin de l’institution qu’ils ont choisi de rejoindre pour servir leur pays. S’inscrivant délibérément[8] dans la ligne du texte édité en 1980 sous l’impulsion du général Lagarde, ce document n’est pas une directive car le commandement est un art qui ne s’accommode pas de recettes et n’est bien exercé que lorsque le chef y imprime le style de l’homme qu’il est d’abord. Néanmoins, il doit permettre que chaque chef, à son niveau, exerce sa responsabilité de définition des modalités de mise en œuvre de l’esprit que fixe le CEMAT.

 

La force morale de l’armée de terre a toujours été considérée comme le facteur prépondérant de la victoire[9]. La véritable révolution que constituait la professionnalisation de l’armée de terre justifiait que cette vérité simple soit à nouveau fondée sur la rédaction de textes qui en rappellent l’importance première autant qu’ils en définissent les modalités de préservation et de renforcement.

C’est désormais l’engagement sans réserve de tous les chefs, de tous niveaux, qui garantira que l’armée de terre soit préservée, dans l’avenir, du risque d’un « désarmement moral » qui serait d’autant plus désastreux qu’il concernerait, au-delà de la communauté militaire elle-même, la société entière dont elle est issue.

 

 

 

 

 

 

_________________

 

L’ECOLE MILITAIRE DE SPECIALISATION DE L’OUTRE MER ET DE L’ETRANGER

 

En novembre 2003, l’armée de Terre a transformé l’ancien CMIDOME en école militaire de spécialisation de l’outre-mer et de l’étranger (EMSOME). Cet organisme de formation du CoFAT assure la mise en condition du personnel désigné pour une affectation de courte ou longue durée hors de métropole et participe à la préparation opérationnelle des unités engagées dans les relèves outre-mer et à l’étranger ou bien dans les opérations extérieures.

Secondairement, l’arme des troupes de marine, à l’instar des autres composantes identitaires de l’armée de Terre, s’adosse désormais à cette école où sont entreprises les actions propres à leur culture d’arme.

 

  1. La politique de formation de l’EMSOME :

 

Les exigences du service OME imposent la compréhension des milieux socioculturels incluant la connaissance des caractéristiques géographiques, historiques, économiques et géopolitiques. Centre d’expertise et organisme de formation pour le personnel désigné pour l’une des formes du service hors de métropole, le rôle de l’école consiste à favoriser l’acquisition des principes comportementaux et du savoir être adaptés à l’environnement dans lequel le militaire accomplira sa mission. Cet aspect concourt directement à la capacité opérationnelle des formations stationnées outre-mer et à l’étranger. La politique de formation repose sur les directives de préparation opérationnelle de l’armée de Terre et sur l’expérience accumulée par l’école (45 destinations traitées ou veillées en 2004) enrichie de l’étude des enseignements tirés après chaque mission ou opération.

La démarche classique par zone géographique se complète désormais d’une approche selon des grands thèmes de géopolitique tels que l’Islam, le terrorisme, «les enfants-soldats» ou la géopolitique de l’eau en Afrique subsaharienne. Ces travaux sont menés par les instructeurs militaires en liaison avec des universitaires parmi les conférenciers de l’EMSOME. Ces experts appartiennent à des organismes spécialisés dans les questions de géopolitique, d’économie, de géographie ou d’histoire. Cette vision globale doit permettre aux chefs militaires engagés en mission opérationnelle d’aborder ces questions et situations avec suffisamment d’éléments de connaissance et de réflexion pour leur propre appréciation de situation, le moment venu, sur le terrain, dans l’action.

 

 

  1. La formation d’adaptation à l’outre-mer et à l’étranger :

 

Les jeunes cadres de l’armée de Terre, ayant vocation au service hors de métropole ou volontaire pour y servir, peuvent suivre une formation d’adaptation (une semaine pour les sous-officiers, deux semaines pour les officiers) permettant d’acquérir une connaissance suffisante des différents milieux humains et physiques de l’outre-mer français et des pays et régions dans lesquels la France entretient une présence militaire.

L’école dispense également un enseignement s’adressant aux officiers, sous-officiers et militaires du rang de l’armée de Terre, mais aussi des autres armées et de la gendarmerie à l’occasion de stages d’adaptation au titre d’une affectation dans une formation du service militaire adapté, ou d’une mission de coopération et de défense. Des stages spécifiques sont par ailleurs proposés aux attachés de défense et aux chefs de corps des formations stationnées outre-mer.

 

De plus, tout militaire affecté pour une mission de longue durée au sein d’une formation des forces peut participer à une journée d’information sur le territoire de destination.

Les conjoints des militaires mutés sont également invités à assister à cette information. Depuis 2003, l’école organise des stages au profit des cadres insérés dans les états-majors multinationaux de l’OTAN.

 Une large part de l’activité des instructeurs est consacrée à la mise en condition opérationnelle des unités avant une projection en mission de courte durée. Enfin, l’école organise des informations destinées aux hautes autorités militaires en mission d’inspection dans les zones ou pays traités par l’EMSOME.

 

 

  1. L’ouverture des actions de formation à l’ensemble du personnel des armées :

 

Le passage du CMIDOME à l’EMSOME traduit essentiellement une dynamique nouvelle qui consiste à accroître le rayonnement d’un centre d’expertise par une démarche générale d’ouverture. Désormais l’aire géographique traitée par l’EMSOME recouvre l’ensemble de la posture de l’armée de Terre à l’extérieur, quelle que soit la nature de la mission de la force engagée. C’est ainsi que le champ d’expertise s’étend désormais aux théâtres d’opérations des Balkans et d’Asie centrale. Par ailleurs, une fonction veille / anticipation a été développée afin de mettre à disposition d’une force déployée dans l’urgence les éléments de connaissance suffisants de la zone d’engagement.

L’EMSOME s’adresse d’abord au personnel de l’armée de Terre. Elle est désormais fréquentée par des stagiaires appartenant à toutes les formations, de toutes les fonctions opérationnelles, tant en ce qui concerne le personnel affecté que le personnel en mission de courte durée. Pour autant, les systèmes de forces déployés outre-mer et à l’étranger s’affirment chaque jour davantage comme une réalité interarmées, où les spécificités de chaque armée s’estompent. En outre, le besoin de préparer le personnel à une insertion réussie dans un nouvel environnement socioculturel et professionnel est ressenti par tous les commandements. Déjà l’école accueille des stagiaires en provenance des autres armées ou services interarmées (en 2003, 12% des stagiaires n’appartenaient pas à l’armée de Terre). Ces considérations ont conduit naturellement à proposer aux autres composantes, militaire et civile, de la Défense, de bénéficier de toutes les actions de formation dispensées par l’EMSOME. Il est par ailleurs envisageable pour l’avenir, si les nouveaux partenaires en exprimaient le besoin, de développer des modules spécifiques. Ceux-ci pourraient alors être réalisés, sous une forme à définir, avec du personnel de l’armée ou du service demandeur.

Des échanges épisodiques avec d’autres départements ministériels (Affaires étrangères, Outre-mer, et Intérieur) témoignent de l’intérêt grandissant pour l’activité que développe l’école. En Europe, les armées manifestent un intérêt croissant pour le savoir faire que détient dans ce domaine l’armée de Terre. C’est ainsi que l’armée italienne a demandé la participation d’une équipe d’instructeurs lors de la mise en condition d’un détachement devant se rendre à Djibouti. Les Pays-Bas ont sollicité un même concours au profit d’une unité se rendant en Afrique équatoriale. A la demande du Zentrum Innere Fürhung de Coblence un partenariat est à l’étude. Il prendra, cette année, la forme d’un échange d’instructeur.

Le monde de l’entreprise se montre également intéressé par ce type d’expertise. Ainsi, Gaz de France et Veolia ont sollicité l’école pour un échange afin de les aider à concevoir une préparation de leurs cadres mutés hors de France.

 

La démarche dans laquelle l’EMSOME inscrit résolument son action au sein du CoFAT est bien celle de la préparation opérationnelle des unités et la mise en condition du personnel de l’armée de Terre. Elle se propose pour l’avenir de mettre à disposition des armées, et des autres partenaires éventuels, toute l’expérience entretenue par un centre d’expertise reconnu de l’armée de Terre constitué en pôle d’excellence de l’outre-mer et de l’étranger.

 

 L’EMSOME est organisée en trois pôles fonctionnels, regroupant une soixantaine de personnels militaires et civils. La mission d’instruction est assurée en priorité par les instructeurs en titre de la division formation instruction, mais aussi par les cadres des autres divisions qui participent également à cette mission selon leur expérience du service outre-mer.

 

 

Adresse géographique :             Caserne Guynemer

2 rue Charles Axel Guillaumot

92500 Rueil-Malmaison

Tél : 01 47 16 57 03

 

Adresse postale :

BP 227

00484 Armées

 

Adresse télégraphique :

ECOLSPETROMA RUEIL MALMAISON

 

 

 

 

 

CoFAT

ORGANISATION

 

 

DIVISION Etudes prospectives (DEP)

 

DIVISION

Formation

Instruction

(DFI)

 

DIVISION

Culture

d’arme

(DCA)

 

ADM et GESTION

(SAG)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Section

programmation

 

 

 

 

 

 

 

 

Section

Etudes

Musée des

TDM

Informatique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Section Afrique

 

 

Contr.gestion

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Budget

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Section documentation

 

Section

Outre-mer

 

Section

Tradition

 

Chanc. /GRH

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Section

Autres théâtres

 

Section

publications

 

MGX

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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LE SERVICE HISTORIQUE DE L’ARMEE DE TERRE

 

 

Le 29 frimaire an VII, le général Meunier rédige, probablement à l’attention du Premier consul, un rapport sur le Dépôt de la Guerre - nous dirions aujourd’hui le Service historique -  qu’il commande. Il y explique que ce dernier doit à la fois « conserver la gloire des héros qui ne sont plus », « présenter à ceux qui brûlent de les imiter un lieu d’étude militaire » avant de conclure que « ces louables travaux prépareront une riche moisson et pour les fastes de l’histoire et pour les opérations du gouvernement ».

 

 

Ce faisant, il définit avec précision, pour ce vieux service né - dit-on - en 1688 par la volonté de Louvois, un ensemble de missions qui, évoluant dans leur contenu au fil des siècles, demeurent celles du service historique de l’armée de terre et, plus généralement, des services historiques d’aujourd’hui.

 

Cette mission est d’abord définie par le titre de Service historique que lui conféra Clemenceau en 1919. Le Service historique s’occupe de recherche fondée sur l’interprétation du passé – c’est la définition du mot Histôr en grec ancien – et il est au service de l’institution militaire dans le cadre plus général de la Défense de la Nation mais aussi déjà de l’Europe.

Pour remplir cette mission, il assure depuis sa création, le recueil, le traitement, le classement, l’inventaire, la conservation et la communication de toutes les archives de l’armée de terre, des services communs et des organismes particuliers jusqu’au Secrétariat de la défense nationale. Ce faisant, le service historique est à la fois un grand service public, soumis à la loi française sur les archives, un centre d’archives de l’armée de terre et du ministère ainsi qu’un centre de recherche en histoire.

 

Les documents produits par l’institution sont, en temps normal, versés au service historique après un délai de cinq ans. En opération extérieure, le rythme des versements correspond généralement à celui des relèves. Le versement des archives des opérations extérieures fait l’objet d’une attention toute particulière pour deux raisons principales, l’une permanente, l’autre plus récente. La première, permanente, est celle de la constitution de la mémoire des armées. C’est, entre autres, à partir de cette mémoire que peut ensuite être écrite l’histoire de l’armée mais aussi que peuvent être protégés les intérêts des militaires en opérations, qu’il s’agisse de préservation des droits ou, plus rarement, de procédures judiciaires. La seconde, plus récente, s’inscrit dans le processus "Retex".

 Elle se fonde sur un constat aussi simple que compréhensible : une unité en opération pense à autre chose qu’à «ramener des archives» en France. Et pourtant ces archives sont, au-delà des comptes rendus, les seules sources directes à partir desquelles les différents états-majors peuvent effectuer une démarche de type «leçons apprises» en se référant à des documents davantage qu’en se basant sur des... idées préconçues. C’est pourquoi le service historique et l’état-major des armées ont entrepris en la matière une démarche volontariste qui consiste à envoyer, à chaque fois que cela est possible, un "officier historien" en opération afin de veiller au bon retour des archives.

Ce type de mission exprime par sa nouveauté l’une des caractéristiques principales du service historique qui est de chercher à évoluer en permanence au même rythme que celui de la politique de défense de la France et de son armée.

Ainsi, organisé pendant près d’un demi-siècle sur un modèle qui correspondait aux exigences de la guerre froide, le service historique agit aujourd’hui dans le cadre d’une armée professionnelle toute entière tournée vers l’action et le plus souvent l’action au loin, hors de la métropole.

 

Il continue, car c’est sa raison d’être initiale, à effectuer des recherches fondamentales qui s’appuient sur les besoins de mise en perspective historique nécessaire à tout appareil de défense, sur la richesse des archives détenues et enfin sur les grands courants historiographiques actuels. S’appuyant sur ces trois critères qui légitiment son action, il a lancé, depuis plusieurs années, une politique de recherche sur les quatre thèmes majeurs suivants :

- étude historique de la charnière politico-militaire,

- étude historique des services de renseignement

- étude de la «petite guerre» légèrement antérieure au concept de Low Intensity Conflict

- étude de la culture militaire européenne.

 

Cette politique de recherche permet ensuite d’effectuer des études commandées par tous les échelons dirigeants, politiques ou militaires de la défense. Elle permet également de dispenser, ce qui est une nouveauté, un enseignement en histoire militaire de haut niveau, en France (CSEM, CID, écoles de Coëtquidan) et à l’étranger (CID marocain...). En cela, les services historiques apparaissent de facto comme les héritiers des cours d’histoire de l’Ecole militaire aujourd’hui disparus.

Elle est également à l’origine d’une politique de coopération internationale qui, s’inspirant de la politique de coopération du ministère et des armées a permis de renforcer les liens existants avec les grands partenaires de la France ; d’établir des liens forts, fondés sur un passé commun, avec les anciens «pays de l’Est» Russie incluse, et de faire du service un des acteurs majeurs, en histoire, du Partenariat pour la Paix.

Les interventions militaires actuelles, les OPEX, ont enfin donné naissance à une dimension nouvelle de l’action du service dans le domaine opérationnel. Après une première tentative couronnée de succès en 1991, lors de la guerre du Golfe, mais demeurée pendant plus de dix ans sans suite, le service participe directement au processus Retex dans une triple dimension. La première, la plus visible est celle de l’envoi, maintenant régulier d’historiens militaires en mission lors des grandes relèves opérationnelles (citons ici le Kosovo, la Côte d’Ivoire ou l’Afghanistan). Ce type de mission permet pour l’essentiel d’assurer un bon retour des archives et de procéder à des enquêtes d’histoire orale, en bref de veiller à ce que l’armée en opération ne perde pas, à court terme, la mémoire utile de son action et qu’elle constitue, pour le long terme, les fonds nécessaires à l’écriture,...de son histoire. Les archives des opérations extérieures sont également des documents fondamentaux qui permettent, quand cela s’avère nécessaire, d’assurer la préservation des droits voire la défense des individus et de l’Etat. La seconde évolution forte est celle de l’adossement d’un historien militaire au CPCO où il est un acteur permanent de ce qu’il est convenu d’appeler «l’histoire immédiate». Cet historien, à la fois lien avec le service historique et conseiller du chef militaire fournit à ce dernier les éléments qui lui permettent d’élaborer puis d’inscrire sa décision dans un contexte et dans une perspective historiques. La dernière évolution, basée au château de Vincennes, nous renvoie à la recherche fondamentale, dans la mesure où elle en est à la résultante et l’expression, sous la forme d’une histoire militaire appliquée. Elle est actuellement en gestation.

 

 Son ambition est grande dans la mesure où il s’agit, à partir de l’étude de toutes les sources mises à la disposition de l’historien, depuis l’article scientifique jusqu’à l’archive classifiée en passant par la bibliographie, de renouveler l’approche de sujets souvent déjà connus en vue de l’utilisation des résultats obtenus par les décideurs militaires. Fondée sur l’étude de cas historiques clairement identifiés, cette approche vise, non pas à trouver des «leçons de l’histoire» dont nous savons tous depuis toujours qu’elles n’existent pas, mais bien à rendre compréhensible un phénomène du passé afin qu’il participe aux réflexions du présent sur l’avenir.

Tant il est vrai que le présent qui nous environne, pulvérulent et brûlant, brouille souvent davantage les esprits qu’il ne les éclaire, que l’avenir est inconnu et que seul le passé peut éventuellement, avec parcimonie et prudence, nous aider à réfléchir librement. Sans oublier, en paraphrasant cet officier français qui situa toujours la culture au cœur de sa réflexion, qu’il s’agit pour nous, au fond des victoires d’Alexandre, non pas de retrouver  Philippe de Macédoine mais bien Aristote.

 

Enfin, le service suit avec une attention particulière les évolutions nécessaires des traditions et de leurs représentations symboliques. Il agit quotidiennement au profit des formations de l’armée de terre, afin que l’esprit de corps et le sentiment d’appartenance plongent leurs racines au plus profond d’une histoire nationale dont ils expriment les valeurs. Cette action quotidienne se double d’une action de fond tournée vers l’avenir sous la forme d’une réflexion théorique et pratique sur la symbolique européenne et sur la symbolique des unités en Opex. La symbolique européenne a connu récemment une évolution forte et discrète lorsque les armées française et allemande ont créé l’école de pilotage de l’hélicoptère Tigre dont les emblèmes sont d’inspiration nettement européenne. En ce qui concerne, les besoins identitaires légitimes des unités en Opex, le service s’efforce de définir, en liaison avec des officiers culture d’arme et des participants à des Opex de tous grades, des critères qui en permettraient la naissance et l’inscription dans la durée afin que cette nouvelle dimension majeure des armées soit prise en compte comme il se doit.

 

 

 

 

 

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MESURES D’ORDRE INDIVIDUEL

 

 

AFFECTATION

 

- à compter du 1er mai 04

 

- Commissaire général de brigade GUILLOZ Jérôme placé en position de service détaché auprès du haut fonctionnaire de défense du ministère de l’économie, des finances et de l’industrie – Paris.

 

NOMINATIONS – 1ère section ET AFFECTATION

 

- général de brigade –rang du 1er mai 2004

 

- Commissaire-Colonel FOURNIER Claude nommé chef de la division «soutien-ressources» de l’état-major du commandement de la force logistique terrestre – Monthléry – à la même date.

 

 

PROMOTIONS OU NOMINATIONS  1ère section

 

- rang du 1er juillet 2004 -  général de division

 

- Général de brigade BALERIN Jean-Paul

 

                                        - général de brigade

 

- Colonel des troupes de marine BRANTSCHEN Jean-Constant

- Colonel  du génie SANDEAU Jean-Michel

- Colonel du matériel LAROYENNE Gabriel

 

NOMINATION S – 1ère section – ET AFFECTATION

 

– rang du 1er juillet 2004 - général de brigade

 

- Colonel de l’artillerie DUBOIS Emmanuel nommé chef de la division «organisation-ressources humaines» de l’état-major de la région terre Sud-Ouest – Bordeaux – à la même date,

 

- Colonel de l’arme blindée et de la cavalerie FOUDRIAT Michel nommé adjoint territorial au général commandant la région terre Sud-Ouest – Bordeaux- à la même date,

 

- Colonel des transmissions SPIESER Christian nommé chargé de mission auprès du général major général de l’armée de terre – Paris – à la même date,

 

- Colonel de l’infanterie CAQUELARD Jacques nommé chef de la division «environnement opérationnel» de l’état-major du commandement de la force d’action terrestre – Lille – à la même date,

 

- Colonel de l’infanterie ALZIARI de MALAUSSENE Renaud nommé commandant de la 27ème brigade d’infanterie de montagne – Varces – à compter du 5 juillet 2004

 

- Colonel du cadre spécial GUIRRIEC Pierrick nommé chef du conseil en organisation de l’armée de terre- Paris – à la même date.

 

AFFECTATIONS

 

- Général de division de SAQUI de SANNES Pierre nommé chargé de mission auprès du chef d’état-major des armées – Paris – à compter du 1 juillet 2004.

 

- Général de division BEZACIER Gérard nommé commandant du centre de doctrine d’emploi des forces – Paris – à compter du 1er juillet 2004.

 

- Général de division KLEIN Michel nommé inspecteur de la fonction «mêlée» à l’inspection de l’armée de terre – Paris – à compter du 5 juillet 2004.

 

- Général de brigade OBERTO Bernard nommé chef d’état-major du général commandant la formation de l’armée de terre – Tours – à compter du 1er juillet 2004.

 

- Général de brigade BOUCHER Jean-Pierre nommé directeur central de la direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information de la défense – Maisons-Laffitte – à compter du 1er juin 2004.

 

- Général de brigade DELOCHRE Jean-François nommé commandant du collège de l’enseignement supérieur de l’armée de terre – Paris – à compter du 1er juillet 2004.

 

 

PROMOTION OU NOMINATIONS – 1ère section  ET AFFECTATIONS

 

-Commissaire général de division – rang du 1er août 2004

 

- Commissaire général de brigade OUTTIER Régis

 

- Général de brigade

 

- Colonel de l’infanterie CAZENAVE Jean nommé chef de la division «activités» de l’état-major de la région terre Ile de France – Saint-Germain-en-Laye – à la même date

 

- Colonel de l’infanterie BERTUCCHI Marc adjoint au général commandant la formation de l’armée de terre – Tours – à la même date